Ouvrages hydrauliques : quel impact sur les cours d’eau et le milieu naturel ?

© Etienne Bégouen

Écluses, barrages ou ponts, ces différentes constructions de l’homme peuvent être regroupées sous le terme « ouvrage hydraulique ».

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    Qu’est-ce-qu’un ouvrage hydraulique ?

    Un ouvrage hydraulique est une construction qui perturbe le fonctionnement naturel d’un cours d’eau. Dans le département, on distingue principalement trois grands types d’ouvrages hydrauliques aux atouts et inconvénients différents :

    • les barrages liés à la navigation,
    • les ouvrages liés à l’utilisation de la force motrice de l’eau et au stockage,
    • les ouvrages de franchissement liés aux infrastructures routières.

    Certains ouvrages peuvent cumuler plusieurs usages.

    Descriptif des principaux types d’ouvrage

    Les ouvrages liés à l’utilisation de la force motrice de l’eau et au stockage

    L’utilisation de la force motrice de l’eau s’est traduite sur le territoire par la mise en place d’ouvrages hydrauliques sur nos rivières. Ces ouvrages constitués de chaussées déversantes, de vannes et de moulin permettaient d’utiliser la force motrice de l’eau, lié à une chute d’eau qui entraînait une roue pour l’activité de meunerie ou l’industrie (textile notamment).

    Dans les années 1980, même si la force motrice n’était plus la principale utilisation car il n’y avait presque plus de moulin en activité, de nombreux ouvrages ont été modernisés, pour la lutte contre les inondations et pour stocker un volume d’eau pour l’agriculture notamment. En effet la présence de retenues sur les rivières a permis à certains usagers, l’agriculture notamment, d’utiliser un volume d’eau pour l’irrigation des cultures.

    Concernant les deux types d’ouvrage précédemment détaillé, l’agence de l’eau Loire Bretagne en partenariat avec l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques a créé le Référentiel des Obstacles à l’Ecoulement (ROE).

    Les barrages liés à la navigation

    Par le passé, les grands cours d’eau ont été aménagés pour permettre la navigation et notamment le transport des marchandises. Ces grandes rivières que sont la Sarthe, la Maine, la Mayenne, l’Oudon, le Loir et le Thouet appartenaient à l’Etat et constituaient le domaine public fluvial. Ces aménagements se traduisent sur le territoire par l’existence de grand barrage composés de seuil, de vannages et d’écluses. Aujourd’hui, seule une activité de navigation fluviale de loisir persiste sur la Mayenne, la Sarthe, la Maine et l’Oudon.

    Les ouvrages de franchissement liés aux infrastructures routières

    Le réseau routier qui dessert le département de Maine-et-Loire est estimé à 20 000 km de route. Le réseau hydrographique quant à lui est estimé à 8 000 km de cours d’eau. Les intersections entre ces deux réseaux donnent naissance à une multitude d’ouvrage d’art. Du pont qui traverse la Loire à la buse de petit diamètre qui permet le franchissement d’un ruisseau, ces ouvrages ont plus ou moins d’impact sur les milieux aquatiques.

    Les atouts et les inconvénients des ouvrages hydrauliques

    L’ensemble de ces ouvrages perturbent plus ou moins les milieux naturels. Les réglementations actuelles évoluent et prennent en compte de plus en plus l’impact de ces ouvrages sur les milieux aquatiques.

    Le tableau ci-dessous dresse une synthèse des atouts et des inconvénients de ces ouvrages.

    Atouts liés aux barrages Inconvénients liés aux barrages
    Stockage d’un volume d’eau Perturbe le transit sédimentaire
    Stabilise le profil de la rivière Perturbe les migrations des poissons et des êtres vivants en général
    Maintien possible de zones humides Dégrade la qualité de l’eau liée à la diminution du renouvellement de l’eau et augmentation de la température de l’eau et des phénomènes d’eutrophisation
    Facilite la mise en œuvre de certaines activités nautiques Diminution de la biodiversité pour une homogénéisation des milieux

    Des interventions sont possibles pour limiter les impacts des ouvrages et de nombreuses structures qui ont la compétence rivières et zones humides travaillent aujourd’hui sur cette problématique.

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